Le président du Front National  parle pour la première fois après le scrutin du 20 décembre. Il revient entre autres sur  le boycott des élections législatives de l’année dernière, la stratégie de la rue, les prochaines élections locales puis ses relations avec le GRET.

InterFaxPress : L’opinion attendait le FN aux dernières élections législatives mais finalement votre formation politique a brillé par son absence. Qu’est-ce qui justifie cette posture ?

Didier Améla : Rien ne la  justifie. Je suis un  citoyen togolais; j’observe et j’analyse. J’ai trouvé que pour une cohésion, pour en quelque sorte que nous peuple togolais nous puissions nous rassembler sur une idée républicaine, il fallait associer tout le monde au parlement.  Le parlement tel qu’il se présente aujourd’hui,  c’est des élus, ce sont des Togolais. J’aurai aimé que d’autres togolais  aussi puissent participer  à la vie parlementaire. C’est ce que j’ai déploré en quittant l’ANC,  j’ai déploré. On n’associe pas tout le monde à une réflexion,  on n’associe pas les uns et les autres à une réflexion. Voilà  les résultats. Je trouve que c’est vraiment dommage. Les gens sont là de  façon légalement élus pour 5 ans. Et moi je ne peux pas me retrouver à un Parlement où toutes les forces politiques ne sont pas représentées.

Revenant au boycott, l’expérience se répète, ce n’est pas dangereux  pour la nation?

J’exhorte de façon solennelle  la C14 et tous les autres de participer aux prochaines élections.  Nous ne pouvons pas permettre à RPT/UNIR et  à toutes ses  composantes de diriger ce pays pendant des années deux ans, 5 ans je ne sais pas quoi. Au moins occupons le territoire qui nous est  permis. Si nous persistons dans le boycott,  dans  l’hésitation,  c’est une partie de la population  qui perd. Participons tout au moins  aux locales qui vont venir, à la présidentielle qui va venir et, qui sait, on peut s’en sortir. Je crois que c’est la manière la plus sage de faire la politique.

La stratégie de retour à la rue, qu’en dites-vous ?

Si la rue aurait pu répondre à notre situation c’aurait été dans  les années 90,  2010.  On a fait la rue,  depuis des années la rue cela n’a rien donné.  Si on n’a pas de bonnes « armes » il vaut mieux négocier avec le régime. Comment allons nous faire, rien n’est fait on se campe sur les positions et voilà  ma position.

Pensez-vous qu’on peut négocier ainsi  le retrait du pouvoir des mains de ceux qui le détiennent ?

C’est le rôle du Front national. Le Front national est un parti républicain, je l’ai dit lors de ma toute première sortie,  quant on n’aime sa République on la sauve. J’exhorte ceux qui sont au pouvoir de laisser les autres apporter  leur contribution pour l’édification, pour le développement du pays. Nous ne pouvons pas diriger le Togo aujourd’hui comme dans les années antérieures.

Où en êtes-vous avec le Groupe des Républicains et Ecologistes du Togo (GRET) dont fait parti le FN ?

 C’est une histoire terminée. Je ne suis plus dans le GRET, je ne suis plus dans aucune coalition. Je suis Front National, un républicain et je cherche le bien de mon pays.

Votre conclusion ?

Ecoutez pour vous dire, j’ai rencontré la dernière fois à Paris, un membre du Front national de Marine Le Pen,  qui m’a dit que si  vous évoluez dans l’esprit républicain, reste dans  cet esprit républicain et les gens vous soutiendront.  Et il a terminé par cette réflexion qui m’a beaucoup plu : «  Didier Améla, écoutez, l’arme la plus redoutable en politique c’est la franchise et la surtout conscience professionnelle. Essayez d’utiliser ces deux armes et les gens vous suivront ». Ce sont ces deux armes que je tiens en main. Que les Togolais me suivent et nous irons de l’avant.

Propos recueillis par Germain Doubidji

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