Ce 31 juillet 2018, la CEDEAO a sorti la feuille de route pour une résolution de la crise politique, qui secoue le Togo depuis le 19 août 2017. Des recommandations de la CEDEAO, appréciées de diverses manières par les acteurs politiques et de la société civile. Notre rédaction s’est approchée de l’acteur politique et cadre de l’Union pour le République (UNIR), M. David Ourna Gnanta (photo). Il a fait part de sa réaction par rapport à la feuille de route et ses conséquences. En outre, il a profité de nos colonnes, pour donner son avis sur le régime dit cinquantenaire et du patronyme du président actuel de la République Togolaise.Lecture !

Etant qu’acteur politique et observateur de la scène politique togolaise, quelle réaction avez – vous, à la suite de la sortie de la feuille de route de la CEDEAO, par rapport à la crise politique togolaise ?

C’est une satisfaction totale. La feuille de route reprend tout ce qui nous avons eu à dire au début de la crise politique, en invitant toute la classe politique à s’inscrire et à faire des revendications politiquement logiques respectant les normes et principes démocratiques. Cette feuille de route comporte en elle-même, les valeurs démocratiques, elle répond à ce qu’il faut aujourd’hui pour résoudre le problème politique du Togo.

Aujourd’hui peut – on parler d’un gagnant ou d’un perdant. C14 ou UNIR ?

Pas du tout ! C’est le Togo qui gagne. Il s’agit de faire des réformes constitutionnelles et institutionnelles pour des avancées démocratiques futures dans notre pays. Et c’est le pays qui gagne. Personne n’a perdu, personne n’a gagné. C’est le Togo qui gagne en réalisant ces réformes. Il est important que la classe politiquefacilite le processus, surtout celle de l’opposition présente à l’assemblée nationale. J’invite l’opposition à prendre de la hauteur pour faciliter la réalisation de ces réformes en participant au vote, en permettant d’obtenir les 4/5 a l’assemblée nationale, afin d’éviter la perte de temps et les dépenses à l’Etat. Ce n’est pas une faiblesse que d’accepter voter pour ces reformes mais c’est faire preuve de responsabilité politique. On est réellement leader quand on a la capacité de montrer la voie et non quand on se fait guider par la masse populaire.

Selon vous, quel mécanisme doit – on mettre sur pied pour le respect scrupuleux de ces recommandations ?

Ces recommandations vont être réalisées d’une manière ou d’une autre par l’Etat togolais. Soit à l’assemblée nationale, soit à travers une consultation populaire. Mais d’ores et déjà, il faut saluer la mise en place du comité de suivi, qui doit être une structure d’alerte ou de recadrage des différents acteurs par rapport au contenu de la feuille de route.

Ce qui a amené à cette feuille de route réside dans les revendications de l’opposition. Elle dénonce, entre autres, le régime cinquantenaire et le patronyme du président de la République. Quelle appréhension avez –vous desdites contestations ?

Je pense que c’est une mauvaise appréciation de dire qu’il y a un régime cinquantenaire au Togo. Notre pays a connu des ruptures dans son histoire. La rupture fondamentale des années 1990, avec l’entrée de notre pays dans un processus démocratique. C’était un nouveau départ .L’autre départ est intervenu avec la signature de l’Accord Politique Global (APG) et à la suite de l’APG, il y a un évènement important : la dissolution du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Cette dissolution du RPT a favorisé la transformation de l’environnement politique national. Donc nous traversons une nouvelle ère. C’est quand même, trop absurde de parler d’un régime cinquantenaire parce les étapes de l’histoire ont connu des ruptures. Aussi faut – il le noter, qu’il n’est pas logique de parler de gouvernance du pays par une même famille. Mais, que direz-vous, si aujourd’hui si un Gnassingbé était candidat de l’ANC ? Un Gnassingbé n’a –t-il pas le droit d’être un militant en tant que citoyen de l’ANC, des FDR ou encore de la CDPA ? La nationalité togolaise n’est pas familiale mais individuelle. Chaque citoyen l’est individuellement. Le président Faure Gnassingbé est un citoyen togolais à part entière et ce n’est pas la peine de faire ces genres de confusion pour embrouiller les togolais.
Source ABC24

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