Les natifs du Moyen-Mono lancent une fondation pour poursuivre les actions de Kokou Tozou

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Biossey Kokou Tozoun est mort il y a trois ans. Mais pour le peuple Adja sa mémoire reste toujours vivante. Tant cet illustre disparu a marqué leurs esprits par ses actions et son dévouement pour le développement de sa communauté, au point où, des natifs du Moyen-Mono, se sont retrouvés le 2 mars dans le canton de Tado, situé au sud du Togo, pour lancer une fondation qui porte son nom, et qui va poursuivre la vocation philanthropique de l’homme.
Sur un vaste espace, près du marché du canton de Tado, situé à quelques encablures du palais royal, une voiture marque un temps d’arrêt. Un homme ouvre la portière et se dirige vers ses compères en pleine discussion sous une paillote. L’émotion est grande. « Petit frère », appelle-t-il l’un deux, qui se reconnait et répond « grand frère » en se levant. Les deux visages se sourient. Aucun parmi les autres hommes observant cette scène ne semble ignorer l’évènement qui réunit ce jour les natifs de ce milieu.
Ce samedi 02 mars, c’est cette petite localité situé à 3 kilomètres de la frontière du Togo-Bénin qui accueille le lancement de la fondation Kokou Tozoun. Un homme dont le nom résonnera toujours dans cette région pour son passé entaché de bonnes œuvres. Et c’est plus précisément dans l’école primaire catholique de Tado que ladite fondation sera lancée. Ici, tout est prêt pour le démarrage de la cérémonie.
Enfants, jeunes, hommes, femmes et vieillards, plus d’une cinquantaine, ont fait le déplacement dans cet établissement scolaire et le fait qu’autant de monde ait répondu à l’appel, marque, à bien des égards, une forme de reconnaissance et de gratitude envers les généreuses actions de cet homme qui, « ayant  pris le devant de la politique au Moyen-Mono, s’est dévoué inlassablement et a fait tout ce qu’il faut pour le développement du milieu », témoigne Esse Bruce, l’une des chevilles ouvrières de ce projet et président du comité d’organisation.
« Une valeur, un frère »
Pour lui,  Kokou Tozoun, c’est une valeur, c’est un frère, et donc penser à une création d’une fondation, c’est pour poursuivre ses actes d’humanisme. « Nous nous sommes dits qu’il s’est éteint mais les actions qu’il a commencé en faveur du développement de notre préfecture doivent être pérennisées. » Et désormais chaque année, promet-il, nous poserons à travers fondation une action de développement en faveur des déshérités.
Ces actions vont du paiement des frais de scolarités, aux fournitures des kits scolaires, et avec le temps, explique-t-il, nous négocierons avec des bailleurs de fond pour la construction des établissements, des centres de santé, etc.
La cérémonie de lancement a été marquée  par des chants de chorales, des prestations d’artistes, des sketchs, une projection vidéo et des témoignages de personnes ayant bénéficié de la libéralité du défunt.  « C’est plus qu’une réussite, c’est dire que quand on parle de Kokou Tozoun au moyen mono, c’est toute une longue histoire », a estimé Esseh Bruce qui ne cache pas sa « grosse » satisfaction.
S’est ensuivie le lendemain, une messe à l’église catholique « Notre Dame du Mono de Tohoun ». Messe qui a rassemblé une pléiade de sommités administratives et locales, le préfet Colonel Nadjindo Dana, les députés Sodokin Koffi et Sossou Victor, les chefs traditionnels et aussi, et aussi, lors de cette occasion, Victor James Sossou, Consul de la Slovaquie au Togo et PDG de Midnight-Sun (l’entreprise qui a réalisé les travaux de construction de la route Notsè-Tohoun-Frontière Benin), également présent, a regretté la perte de « son ami d’enfance ».
« D’abord c’est un sentiment de tristesse ce jour, c’est un jour de tristesse, vous savez dans quelle condition notre aîné est parti », se désole-t-il, tout en saluant « les actes fondateurs que ce personnage clé a posés durant toute sa vie » et la nécessité « de créer quelque chose pour perpétuer ces actes ».
Promettant son soutien à cette « dynamique qui est lancée », il rappelle qu’une fondation « ce sont les moyens, c’est du lourd, et elle n’est pas appelée à disparaître après deux ou trois jours », « donc nous allons prendre , assure-t-il, le temps de nourrir les esprits, de laisser les uns et les autres s’exprimer pour tirer les conclusions qui s’imposent au moment venu ».
La création de cette fondation  est une initiative portée par certains frères natifs de la préfecture du Moyen-Mono. Au total, un groupe de sept personnes composé d’Esseh Komlan Bruce, Howanou Edoh Albert, Segbeadan Yaovi, Ayeboua Sévérin, Kedzani Assoussé, Ameogbegnon Atsou et Awity Messanh. Selon l’un deux, Kedzani, le canton de Tado a été choisi pour le lancement, parce que Tozoun est natif de Tado.
Dans l’après-midi de cette journée, un match de football a été organisé au nom de cette fondation. Dénommé « Coupe fondation Tozoun », il a opposé Espoir FC de Kpepleme et US Momo de Tohoun. Après le match nul, Espoir FC de Kpekpleme est venu à bout de son adversaire lors de la séance des tirs au but, sur un score de 3-1, remportant ainsi la coupe.
C’est cette dernière qui a clôturé en  toute beauté le lancement de cette fondation prometteuse et tant attendue par le peuple Adja.
« Un acteur infatigable du développement »
Ancien syndicaliste, Kokou Niossey Tozou, a fait son entrée dans la politique et fut alors catapulté plusieurs fois ministre du parti RPT /UNIR, occupant tour à tour, les portefeuilles du Travail et de la Fonction Publique, celui des Affaires étrangères, ensuite de la Justice et puis de la communication avant d’être finalement élu en 2011, président de la Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication (HAAC).
Poste qu’il occupait avant son décès survenu le 29 février 2016. « Sa mort est une immense perte pour nous », s’accordent à dire les natifs du Moyen-Mono qui ont aujourd’hui à cœur, à travers cette  fondation, d’éterniser le nom de cet homme qui a été « un acteur  infatigable du développement » de leur localité en particulier et « de tous les Adja», selon les mots de Howanou Edoh Albert, ex-député, président des Parlementaires Sans Frontières pour les Droits de l’Enfant (PASD/DE-Tofo) et l’un des créateurs de cette fondation.
Pour les fils et filles Adja, il fait désormais partie de ces illustres hommes dont la mémoire ne sera jamais effacée.

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