Ecrivain Koffi Boko : « Un sérieux travail doit se faire pour qu’un marché du livre soit créé au Togo »

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L’écrivain togolais Koffi Boko n’est plus à présenter. Le très fécond écrivain revient dans cette interview à InterFaxPress sur entre autres sur son prochain livre, Lettre à Djimi puis sur la question d’un marché du livre soit créé au Togo.

InterFaxPress : Vous êtes écrivain togolais connu du grand public, si on vous demande de parler du chant littéraire au Togo ?

Le chant littéraire aujourd’hui au Togo se porte bien, en témoignent les nombreuses productions ces derniers temps. Il y va de l’intérêt de tous. Humblement, je pense qu’avec la nouvelle politique culturelle du Togo, il semble qu’il y a, de plus en plus, une attention particulière qui est accordée aujourd’hui au monde culturel et au monde du livre en particulier. Le Togo s’est doté des outils de la politique culturelle, à savoir : le plan stratégique de développement culturel, le fonds d’aide à la culture (FAC) et certainement d’autres qui s’inscrivent dans la logique du PND (Plan National de Développement) en lien avec les ODD (Objectif de Développement Durable).  Voilà de façon générale la politique culturelle du Togo aujourd’hui. Il faut reconnaître que jusqu’à présent, le livre peine à entrer dans la conscience du citoyen togolais; au demeurant, à un niveau plus élevé le livre n’est pas encore considéré comme un bien marchand au même titre que les denrées alimentaires, ou dans une certaine mesure, le phosphate et que sais-je encore ? Cette année heureusement, le gouvernement togolais tente encore de changer les choses par la formation des acteurs de la chaîne du livre.

À cette occasion de formation sur l’économie du livre (à laquelle j’ai pris part), il a été essentiellement question de démontrer que la filière livre regorge de beaucoup de métiers. On ne peut que s’en réjouir ! Même s’il y a encore du chemin à parcourir.

Les créateurs (écrivains), les producteurs (les maisons d’éditions, les imprimeurs), les distributeurs, bref les acteurs de la chaîne du livre doivent impérativement se concerter pour créer un marché du livre.

Qu’est ce qu’il faut pour un marché du livre ?

 Il faut essentiellement travailler sur la chaîne des valeurs à savoir les écrivains, les éditeurs ( y compris les imprimeurs et autres) les distributeurs ( les agents littéraires, les librairies….), les médiathèques, les médiateurs, les commerçants des intrants du livre…

Signalons que c’est la méconnaissance de l’économie du livre qui fait que ce secteur est négligé à la fois par les pouvoirs publics et les acteurs de la chaîne du livre au Togo. Aussi faudra-t-il dans les établissements scolaires et universitaires et sur les médias, sensibiliser sur les nombreux métiers du livre. C’est un marché méconnu, encore une fois, et c’est à nos dépens. Il urge d’agir.

La question de la valeur marchande du livre  doit être dorénavant au centre des préoccupations. Et ce pour plusieurs raisons.

Si le développement est un processus holistique et inclusif, cela va sans dire qu’aucun domaine ne doit être élagué. Et a fortiori, le livre. Le livre est vecteur important de la culture d’un pays. Et la culture est ce qui offre la plus sûre thérapie à un citoyen. Toute maladie étant bien entendu à 50% psychologique. Cela signifie  en d’autres termes que la création littéraire, elle doit elle aussi pouvoir prendre en considération les aspects de la vie culturelle du pays. Bien évidemment, il s’agit d’une littérature commerciale; ce que certains écrivains ( ceux qui écrivent par passion) trouveront un peu dérangeant, gauchissant voire à l’encontre de l’essence même de la littérature.  Je concède. Mais ici, nous parlons d’une littérature qui peut nourrir son homme et surtout vendre la culture du pays.   Les nouveaux enjeux et la nécessité de vivre de son métier d’écrivain en sont les principales motivations.

Le livre, un levier de développement?

No comment !

 Un sérieux travail doit se faire pour qu’un marché du livre soit créé et  durablement entretenu au Togo.

Je propose , pour résumer  ma pensée la création d’un Institut National des Métiers du livre au Togo.

Objectif principal ? Contribuer à l’atteinte de la politique culturelle du pays en corrigeant la léthargie dans laquelle vivent le livre et tout ce qui suit avec.

L’enjeu est énorme !

 

Un nouveau bébé va sortir bientôt et c’est « Lettre à Djimi »….

Lettre à Djimi est un recueil de cinq nouvelles:

– lettre à Djimi Hope;

– lettre à Papa Kouyaté ;

– sur les traces de Sami;

– un jour à Haïto;

– Agobaya

« Lettre à Jimy» d’un fils du pays qui aime un artiste et qui lui rappelle de ne pas oublier les messages de ses chansons:  la persévérance,  la patience, le courage et autres dans une inspiration sakouba, sakouba…!

Dans le même recueil, un clin d’œil est fait à Sami Tchak pour des raisons purement littéraires.  J’avoue que  l’on apprend toujours en compagnie des dieux. Et Sami est un. Incontestable !

Dans  « Lettre à Papa Kouyaté, je rends hommage à cet illustre homme, Seydou Badian pour qui l’Afrique est sous l’orage. Dans cette lettre-prière, je le supplie de veiller sur ses personnages pour que ces derniers ne soient pas tentés par le terrorisme au Sahel.

La nouvelle : « Un jour à Haïto » est une peinture de l’âme culturelle du monde. Pratiquement, un récit qui  chante dans une langue inaudible à la fois nos prouesses et faiblesses.

 » Agobaya » est le bruit que provoque le vent dans les feuilles du rônier. Ainsi, le vent chante ou fait chanter les misères du monde mais aussi l’optimisme-actif sur les êtres et les choses, fruits de nos rêves… Forcément !

 Voilà ce que renferme le recueil « Lettre à Djimi ».

À très bientôt !

Propos recueillis par Germain DOUBIDJI

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