Mazalo Katanga : « Le Projet pour l’emploi des jeunes vulnérables a œuvré pour garder longtemps davantage les jeunes au village »

0
332

Le Projet pour l’Emploi des jeunes vulnérables prend fin le 31 décembre 2021. Le projet a été d’un grand appui pour les jeunes comme le précise Mazalo Katanga, directrice générale de l’ANADEB qui intervenait sur la TVT la semaine dernière.

Mazalo Katanga, directrice générale de l’ANADEB

Le Projet d’opportunité pour l’Emploi des jeunes vulnérables a enrôlé plus de 14.000 jeunes et ces jeunes ont pu travailler autour des projets d’intérêts communs de leur communauté. Dans  la localité d’Okama où les jeunes ont travaillé à la mise en place des étangs piscicoles dans lesquels ils élèvent les poissons qu’ils vendent et les revenus de cette vente aident à d’autres projets communautaires. Quand on parle d’EJV chez les jeunes, on parle aussi de l’alphabétisation parce que la plupart de ces jeunes sont des hommes et des femmes peu ou non scolarisés. Il y avait une attention particulière qui a été accordée à leur alphabétisation. Qui parle de projet EJV parle également des hectares. Au moins 35 hectares de verger existent dans 20 villages où les jeunes ont travaillé ; et ce verger devient donc la propriété de cette communauté. Qui parle aussi d’EJV, parle de l’accompagnement de ces jeunes dans l’élaboration des plans d’affaires pour leur activité génératrice de revenu et surtout l’implémentation de ces plans d’affaire.

Aujourd’hui, nous avons pour objectif sur les 14.000 jeunes enrôlés d’accompagner au moins 10.000 jeunes. Nous sommes à 11.000 jeunes qui ont pu élaborer des plans d’affaires viables et qui ont été soutenus par le projet. Sur les 11.000 jeunes, nous avons au moins 9.000 jeunes dont les activités génératrices de revenus sont porteuses à ce jour c’est-à-dire quand l’on prend les 9000 jeunes, ils continuent leur activité. À partir des enquêtes, les évaluations démontrent qu’au moins 44% de ces jeunes ont aujourd’hui un revenu supérieur à 40.000F. Ce qui est très important pour un jeune qui vit au village. Le projet d’opportunité pour l’emploi des jeunes vulnérables, c’est un projet qui a travaillé pour garder longtemps d’avantage les jeunes au village. Et pour garder les jeunes au village, il faut leur donner des opportunités de revenus et c’est ce que le projet EJV a eu à réaliser dans les 200 communautés des 150 cantons les plus pauvres de notre pays.

Quels sont les impacts réels de ce projet dans la vie de ces communautés ?

Aujourd’hui, cela va être trop tôt, trop prétentieux de notre part de parler d’impact. L’impact, il faut entendre quelques moments après la fin du projet pour en parler. Mais aujourd’hui, nous avons des résultats et des changements qui sont vraiment intéressants dans ces communautés surtout dans la vie de ces jeunes. Nous avons d’abord pour le cas des communautés, au moins 37 hectares qui ont été reboisés avec des essences fruitières. Ce sont des arbres fruitiers que les communautés ont identifiés ; les jeunes ont travaillé autour de ce projet de la communauté. On a au moins 116 km à raison de 2 à 5 km par communauté qui ont été réhabilités par les jeunes qui ont travaillé autour de cette question. Nous avons aujourd’hui les recettes de production où les populations à partir de ces étangs piscicoles ont vendu des poissons et ont eu des revenus qui leur ont permis de démarrer un autre projet de la communauté comme un collège d’enseignement d’initiative locale. Parce que le village est à plus de 20 km de la communauté où on pouvait trouver un CEG et c’est ce qui a beaucoup dérangé pendant longtemps et a influencé négativement pendant longtemps la scolarité dans cette communauté. Voilà un peu les éléments mais nous avons un autre élément qui est assez fort qui est le vivre ensemble. Avant, les jeunes nous ont dit dans des communautés que l’on se voyait seulement, l’on se salut, l’on se disait bonjour et bonsoir, l’on ne se préoccupait pas de l’un ou de l’autre. Mais le projet nous a amené à enrôler dans chaque village 70 jeunes qui comportaient au moins 50% des femmes. Ces personnes ont donc eu à travailler autour d’une activité ou d’un projet commun à leur village. Aujourd’hui, le fait de travailler pendant les 80 jours dans les formations, a amené les jeunes à tisser beaucoup de relation les uns avec les autres et à être beaucoup plus attentifs les uns envers les autres.
Le projet prend fin, le 31 décembre 2021, vous envisagez une nouvelle forme de coopération pour 2022 ?

Avec ces beaux résultats, l’on ne peut pas partir et délaisser ces villageois, ce n’est pas possible. L’agence qui est encore là, continuera son travail en faveur de ces jeunes d’une manière ou d’une autre. Mais ce qui est intéressant c’est que nous avons élaboré une stratégie de sortie parce que c’est encore une stratégie qui nous garde encore dans ces villages avec d’autres partenaires. C’est vrai que le financement de la banque mondiale prend fin mais, l’on a les mairies qui sont les premiers responsables du développement de leur territoire sur lesquels vivent les jeunes. Nous avons les mairies, les ONG qui sont disposées à travailler avec nous, nous avons d’autres partenaires qui sont intéressés par certains aspects de ce projet avec qui nous pouvons continuer. Mais le grand partenaire c’est le gouvernement qui va aider à continuer l’accompagnement de ces jeunes-là.

Quelles sont les composantes de ce projet ?

Pour les composantes, nous avons le volontariat communautaire, c’est la première phase où l’on enrôle les jeunes qui font le travail pour leur communauté. La deuxième phase c’est le renforcement de capacité et l’accompagnement des activités génératrices de revenus. Nous avons utilisé la première formation en développant d’affaire (FoDA) avec l’appui technique de la GIZ pour faire ce renforcement de capacité des acteurs. Nous avons également l’alphabétisation autour de laquelle nous avons eu l’implication des ONG. La dernière composante est la gestion du projet.

Transcrit par Kodjovi DEGBE

Source : TVT

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Résoudre : *
30 − 3 =