Togo : Reprise des visites  dans les prisons, l’OMCT et le CACIT plaident pour  des mesures additionnelles

0
115

Le gouvernement togolais vient de décider de la levée  progressive de de  la mesure de suspension  de la visite dans les prisons.  L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) se réjouissent de la mesure mais plaident pour  des mesures additionnelles dans un communiqué dont voici la teneure.

 Après deux ans de suspension, les autorités togolaises ont restauré les visites des familles, des proches et des ONG dans les prisons. Cette décision d’une réouverture des prisons au monde extérieur met un terme à une situation de violations des droits humains des détenus et de leurs familles, notamment le droit à une vie familiale, à un avocat et à des conditions de détention dignes. Mais des mesures additionnelles doivent être prises pour répondre aux souffrances physiques et psychologiques provoquées par cette restriction de deux ans.

L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) se réjouissent de cette décision qui met un terme aux angoisses de nombreuses familles ayant perdu le lien avec leurs proches en détention.  « Nous sommes reconnaissants aux autorités de nous avoir pris en compte. Je vais enfin revoir ma mère âgée de 65 ans qui est en prison depuis près de huit ans », s’est réjoui le fils d’une femme détenue à la prison civile de Lomé.

Cette ouverture soulage notamment les enfants détenus, qui n’ont pas pu voir leurs parents pendant 24 mois, souvent au prix de leur santé physique et psychologique.

Ghislain Koffi Nyaku, Directeur Exécutif du CACIT estime que « les autorités doivent mettre en place une cellule d’écoute psychologique pour les victimes de cette isolation forcée. Il faut aussi œuvrer pour la libération anticipée des personnes vulnérables dont les enfants, les personnes âgées et les malades, qui ont payé le prix fort de ces restrictions. Il en va de même pour les nombreuses personnes détenues à tort et qui ont subi une double injustice : les personnes en détention préventive dont le séjour carcéral a excédé la durée de la peine prévue, les défenseurs des droits humains ou ceux détenus pour leurs opinions politiques ».

Nous espérons que cette décision sera pérenne y compris en cas de nouvelle vague de contamination. Des ressources suffisantes doivent être allouées à l’administration pénitentiaire afin d’éviter que la seule réponse à une crise sanitaire soit la fermeture complète des prisons.

« Nos organisations espèrent reprendre sans restriction leurs activités dans les prisons. Nous sommes là pour accompagner la mise en œuvre des recommandations du Comité contre la torture des Nations unies et pour améliorer les conditions de détention des détenus », a déclaré Gerald Staberock, Secrétaire général de l’OMCT.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Résoudre : *
21 + 15 =