Tribune de L’économiste Atutonu Komi Doh John : La banque a – t – elle failli à sa mission ?

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Historique et introduction
A l’origine, l’entité connue de nos jours et dénommée ‘banque’, était complètement inexistante donc inconnue. Par la suite, les penseurs et les chercheurs, après avoir fait des observations, spéculations et études du circuit économique dans son fonctionnement, ont établi en fin de compte et ce, dans le cadre de la recherche d’un moyen susceptible de garantir l’adéquation de l’offre de fonds prêtables à la demande de financement, qu’il fallait trouver un moyen alternatif pour gérer le jeu de l’offre et de la demande d’argent. Les économistes d’alors éprouvaient le besoin de s’assurer que toutes les offres individuelles correspondaient aux différentes demandes individuelles. Et comme cette correspondance de millions de valeurs individuelles paraissait irréalisable, ils ont pensé qu’il devrait être créé, une entité dont la mission serait d’assurer l’adéquation requise en vue d’accomplir le bouclage du circuit économique. C’est ainsi qu’au XIème après Jésus Christ, les premières banques ont été portées sur les fonts baptismaux par l’autorité publique, en Italie, en commençant par Venise où la première banque a vu le jour, une double illustration de la mission assignée à la banque. Il s’agit là, de la mission attribuée par les sciences économiques ainsi que de celle assignée par l’autorité de la cité. En l’absence des banques, un disfonctionnement voire un blocage devrait prendre place au niveau du circuit économique.
Le défi originel de la bancarisation
Dans le fonctionnement du circuit économique, il s’est avéré qu’à un niveau donné, on assiste à un face à face, besoin de financement – offre de fonds prêtables. Au vu de ce constat et après une analyse de la situation courante, les économistes se sont rendus compte que la demande ainsi que l’offre provenant de millions d’agents économiques, aucun génie des méninges et des actions humaines ainsi que les machines ne pouvait permettre d’associer les offres de fonds individuelles aux demandes de fonds individuelles existantes, une à une.
Pour cela, l’autorité d’antan a créé l’entité connue de nos jours, dénommée ‘banque’, dont la mission principale est d’assurer l’adéquation de l’offre et de la demande d’argent sous le contrôle de l’autorité publique et d’un régulateur, aujourd’hui, la banque centrale. Par la suite, la nouvelle entité a évolué progressivement et représente de nos jours, l’une des industries les plus sophistiquées et les plus complexes du monde.
Le jardin non cultivé
De ce qui précède, Il est naturellement déductible et nous en sommes fermement persuadés et convaincus que certaines des offres de fonds prêtables et certaines des demandes de financement pouvaient correspondre les unes aux autres. C’est pour cette raison, par exemple, qu’on retrouve la banque qui mène ses activités d’exploitation concomitamment avec la bourse des valeurs
L’ensemble de ces demandes et offres spécifiques pouvant correspondre les unes aux autres constitue un domaine laissé pour sa grande part, en friche à ce jour. Une frange parcellaire de cet espace est exploitée par empiètement par le système bancaire qui, semble – t – il, a manqué d’y accorder une considération particulière. Cet espace représente l’ensemble des agents économiques qui normalement, n’éprouvent pas besoin de service bancaire ou qui sont susceptibles d’assurer l’adéquation tant recherchée entre elles.

Les non-consommateurs absolus de services financiers
Le potentiel de l’offre et de la demande qui est demeuré inexploité parce que non exploitable est composé des activités économiques des agents économiques autosuffisants qui n’ont pas besoin des autres agents économiques, ni de personne. Ce sont des agents générant des revenus inférieurs ou égaux à leurs moyens
Les bourses des valeurs
Une part de la part de marché bancaire susmentionné a été dans l’histoire règlementée et se dénote par la désintermédiation financière c’est-à-dire, l’activité menée par les bourses des valeurs. Ainsi, on peut affirmer, sans risque se tromper, que les banques exploitent à tort un tel espace qui n’est normalement pas pris en compte dans la mission dualiste qui leur a été assignée.
Toutefois, il est très important de faire observer que bourses des valeurs et banques coexistent, travaillent main dans la main et de manière coordonnée, complémentaire et synergique. A noter que les bourses sont un concurrent partenaire des banques pour les services de crédit.
L’exploitation du ‘jardin’
Comment cultiver l’espace distinctif susmentionné et en faire un jardin fructueux ? Qui en prendra l’initiative ? Qui en aura la charge en matière de coût financier ? Quels sont les défis règlementaires et socioéconomiques liés à sa mise en œuvre ?
La semaine dernière et précisément a vu M. Atutonu Komi Doh John, suggérer l’attribution du nom ‘hyper finance’ audit jardin lors de ses réflexions matinales quotidiennes. Le promoteur compte consulter les autorités et les parties prenantes pour en faire une réalité et un domaine économique nouveau dont l’exploration et l’exploitation apporteront des contributions positives au développement économique
La ‘bourse des achats universelle’
Il s’agit d’une innovation portée par le même M. Atutonu Komi Doh John, un économiste Togolais, fondateur de la société Cadence International SA. Le promoteur se permet de s’attribuer, un outil et une responsabilité qu’elle dénomme ‘Bourse des achats universelle’. Selon lui, il pourrait s’agir de la troisième bourse de l’histoire de la pensée économique. Il entend également concevoir la conduite d’activités de transfert de fonds et de change de devises ainsi que la mise en œuvre d’un schéma de garantie de fonds et ce, sans intermédiation financière réelle.
Suivi de la mise en œuvre
La société susmentionnée cultiverait, dans ses opérations, une partie du jardin susdit en ce sens qu’elle exécutera des opérations des agents économiques dont les offres et la demandes dans les activités entreprises pourraient correspondre de façon adéquate. A ce jour, tout porte à croire que ni les sciences économiques ni par les autorités n’ont mentionné n’ont fait cas de l’exploitation de ce domaine, partie intégrante du jardin susmentionné.
La réponse des autorités
Les autorités monétaires et règlementaires de la sous-région en l’occurrence la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine(UEMOA) et le Commission Bancaire de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), l’organe de supervision bancaire de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), l’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO) s’accordent à affirmer que l’aventure pilotée par Cadence International SA et qui s’insère intimement dans le circuit financier n’est pas encore pris en compte dans la règlementation nationales et régionales.
Les avis des spécialistes
De l’avis des autres spécialistes des domaines économique et financier, une position identique serait maintenue au sujet de l’avènement de la ‘bourse des achats universelle’. Ceux-ci s’attendent à l’institutionnalisation d’une nouvelle entité de désintermédiation financière et à la réglementation de l’intermédiation commerciale.
La banque est-elle faite pour servir les riches ?
Dès l’origine, la banque a été créée pour rassembler les offres de fonds prêtables dans le but d’assouvir les demandes de financement des agents économiques et le peuple dans son intégralité, sans distinction aucune. Cependant, il serait très aisément perceptible que tout se joue aujourd’hui à la faveur des personnes nanties au détriment de celles témoignant de moins de ressources.
Le rôle de la microfinance
La littérature économique nous fait savoir que la microfinance  existait et faisait l’objet d’activités dites formelles avant d’être popularisée par le sieur Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix en 2006. Dr Yunus, dit le « banquier des pauvres » a été le fondateur de la première institution de microcrédit, la Grameen Bank en 1976 au Bangladesh.
Le secteur de la microfinance a évolué et se fait une place aujourd’hui dans le secteur financier. Au niveau de l’UEMOA, on parle d’institutions décentralisées. Au Nigeria, ces mêmes entités sont dénommées ‘Microfinance Banks’, en Anglais, c’est- à dire les banques de microfinance.
L’existence, le fonctionnement et la durabilité des institutions de microfinance témoignent du fait qu’à un certain moment de l’histoire, la banque, dans ses opérations, avait substantiellement manqué de jouer le rôle qui lui était dévolu. Pour cela, il fallait trouver un recours et un secours pour mener à bien l’entièreté des opérations nécessaires pour satisfaire aux besoins ressentis par la population, la microfinance poursuit ses opérations, mais n’a pu compléter l’œuvre dévolue à la banque. Voilà pourquoi la bancarisation demeure une préoccupation macroéconomique.
Ce rôle est-il l’idéal ?
La microfinance coûte plus chère que la banque. Les intérêts sont très élevés et représentent un frein pour le développement des activités des micro-entreprises elles-mêmes. Les banques sont appelées à jouer leur rôle tel qu’assigné par les sciences économiques et l’autorité de la cité.
Nous tous, sommes appelés à nous poser la question de savoir la cause ainsi que la pertinence du coût élevé de la microfinance par rapport au coût de la finance. Les banques sont défaillantes à servir les populations démunies et se contentent des personnes nanties. Les règles, les pratiques et les normes des activités sont taillées à la mesure du riche. Celles-ci sont censées être protectrices mais ne protègent rien à certains niveaux.
En réalité, les banques sont créées pour satisfaire le besoin du crédit et pour couvrir le risque de défaillance à rembourser. Cependant, sur le terrain, au niveau de tous les agents économiques, l’identification, la gestion et le suivi du risque ne se fait pas sentir convenablement dans les opérations bancaires.

  1. Quelle discrimination érigée en système réglementé ?
    L’existence de la microfinance est une démonstration trop claire de l’incapacité de la banque à accomplir sa mission. Elle justifie également le manque de contrôle de l’autorité et du régulateur sur ses institutions dites assujetties de façon à travailler à assurer un service favorable aux multiples besoins du peuple.
  2. La bancarisation est-elle un idéal ?
    Elle ne l’est pas du tout ! La banque centrale et les institutions assujetties se lassent d’avoir une connaissance profonde de leur marché depuis plus de 14 siècles et ce, sous le regard de l’autorité. Les sciences économiques n’ont jamais ordonné à la banque d’aller à la conquête d’une sélection de son marché, mais la totalité et ce, pour l’ensemble sans distinction aucune des agents économiques pris individuellement la population désireuse d’utiliser les services bancaires. Et pour ce faire, la banque a normalement l’obligation d’identifier et d’avoir une ample connaissance de la clientèle non bancarisée si elle se veut efficace dans ses pratiques, gestion et stratégie.
  3. L’échec de la banque
    De New York à Tokyo et de Pretoria à Kamtchaka, la banque a manqué de rectitude par rapport au rôle. Qui s’en occupe ? Le peuple surtout, les populations à la base sont sacrifiées et laissées pour compte dans leur droit d’accès et de jouissance des services bancaires.
    Au Togo, le taux de bancarisation tourne autour de 5,5%, ce qui signifie que le système bancaire n’a couvert que ce maigre pourcentage de son marché potentiel. Si on fait une analogie avec la notation dans le système éducatif et les banques sont les élèves, le maître leur attribuer 1,1/20 comme note.
    Par quel autre moyen ou outil, instrument, voudrions-nous que le jeu de l’offre et de la demande nécessaire pour un fonctionnement normal du circuit économique soit établi et respecté. La banque centrale et les institutions assujetties ont des comptes à rendre.
    Rendez-vous le 19 juillet 2022 à l’Hôtel 2 février, nous aurions à nous appesantir en long et en large sur les questions délicates susmentionnées sous le regard du monde entier, à en débattre et établir des leçons et recommandations.
    La mise en œuvre de la banque
    La banque est-elle bien gérée ? dirigée ?
    Le public pense que les banques sont les meilleures lorsqu’il en vient aux procédures, politiques et pratiques qui permettent d’assurer le bon fonctionnement d’une entreprise dans sa majorité.
    Au Togo, par exemple, la population a horreur d’utiliser les services bancaires. Par différents actes commerciaux, leurs défaillances de procédure, communicationnelles et en relation publique, les banques se sont rendues peu attractives par elles-mêmes devant une autorité de banque centrale passive ? Les populations évitent d’aller à la banque. Dans bien de cas, et pour un même service, le client bancaire préfère des substituts, notamment ceux rendus disponibles par la téléphonie cellulaire et autres. Voilà ce qui détermine et renforce l’accroissement, par exemple du marché du transfert de fonds par la téléphonie cellulaire.
    La banque a failli à certaines obligations fondamentales : quelques exemples.
    Lors de ses opérations, la banque centrale et les institutions assujetties œuvrent à satisfaire les besoins des consommateurs. Ce faisant, elles n’arrivent pas à boucler la boucle en raison de nombreuses entraves. Il s’agit des facteurs tels que:
    le remplacement des billets et pièces de banque mutilés
    le service à la clientèle et les relations publiques
    la satisfaction des besoins de monnaie dans les opérations économiques quotidiennes.
    la rapidité des opérations
    la complexité des mécanismes administrant les différents services
    l’octroi de crédit bancaire aux clients.

La banque a une idée vague de son marché
Depuis ses origines, les banquiers ont pris l’habitude non viable de manquer de cerner les contours de leur marché. Elles usent de l’identification de marchés ciblés pour couvrir leurs charges et générer un bénéfice. Elles n’ont jamais fait et conserver une évaluation quantitative exhaustive de leur marché.
La bancarisation est un concept flou et incohérent
Il s’en est ainsi parce que le taux de bancarisation est une proportion impure dans son état actuel. Dans la formation de la proportion qui aboutit au taux de bancarisation, il manque d’harmonie entre le numérateur, une valeur préoccupante par son calcul, et le dénominateur. Le taux qui s’en sort ne passe pas à l’école de l’exactitude, de la rigueur ou de l’éthique.
Le système de facturation des services
En circonstance commerciale normale, la banque devrait facture ses services de crédit au prorata du risque et de plus, prendre en compte la satisfaction du client. Toutefois, tout porte à croire que les clients bancaires sont facturés de façon quelque peu arbitraire. On peut affirmer, par la pratique que le système de facturation bancaire est opaque.
VI. MISE EN GARDE DE LECTURE
L’auteur tient à attirer l’attention des lecteurs sur le fait que les propos, critiques et recherches contenus dans le présent ouvrage n’affectent et ne s’associent de loin ou de près outre mesure à la banque en tant que matière (éducation), mais plutôt à sa pratique, politique, en tant que suite d’exécution d’activités et une représentation physique (ses infrastructures mobilières et immobilières). Les lecteurs sont ainsi invités à en tenir compte lorsqu’ils/elles voudront former des opinions sur le contenu du présent rapport. La compréhension par le lecteur et l’approfondissement des résultats par l’auteur lui-même ou toute autre ressource désireuse de développer des réflexions et des représentations de faits similaires dans la même optique, en dépendent.

Conclusion
Les sciences économiques ont assigné à la banque, la mission de l’accomplissement du jeu de l’offre et de la demande d’argent. Les autorités ont donné le même mandat à cette entité qui la réalise à travers le bouclage du circuit économique. Les banques exécutent cette tâche et responsabilité en tant qu’institution assujettie, mais n’arrivent pas attirer du monde vers elles. Les deux missions paraissent identiques, mais au fond, des différences existent et se matérialisent par exemple, par une batterie de règles établies par l’autorité. Devant cette question, la banque centrale ne s’exprime pas sur ces ‘sujets’ qui ont substantiellement manqué de faire le travail nécessaire pour l’épanouissement socioéconomique et culturel de nos populations surtout celles démunies, qui leur a été attribué. Le maître est-il complice ou conciliant ? La population est-elle outillée pour réclamer ses droits?

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